La varicelle est l’une des maladies infectieuses les plus courantes de l’enfance. Presque tous les enfants la contractent avant l’âge de 10 ans. Dans l’immense majorité des cas, elle est bénigne. Mais elle peut aussi entraîner des complications graves (surinfections bactériennes, déshydratation, atteintes neurologiques). Alors, faut-il laisser son enfant attraper la varicelle naturellement ou le vacciner ? Et comment protéger votre enfant efficacement ? Voici tout ce qu’il faut savoir pour traverser cette étape en toute sérénité.
Qu’est-ce que la varicelle ? Reconnaître les symptômes
La varicelle est causée par le virus varicelle-zona (VZV), de la famille des herpèsvirus. Elle est extrêmement contagieuse. Une seule personne contaminée peut infecter 80 à 90 % des sujets non immunisés autour d’elle.
Les premiers signes
Avant même l’apparition des boutons, l’enfant peut avoir une fièvre modérée (38-38,5°C), des maux de tête, une fatigue et une perte d’appétit. C’est la phase d’incubation, qui dure 10 à 21 jours après le contact avec un malade.
Les boutons caractéristiques
La varicelle se reconnaît à ses vésicules : de petites cloques rouges remplies de liquide clair, qui ressemblent à des gouttes d’eau sur la peau. Elles apparaissent par poussées successives pendant 3 à 5 jours. On trouve donc à la fois des vésicules récentes, des croûtes et des boutons à différents stades sur le même enfant. Les lésions touchent le visage, le cuir chevelu, le tronc et les membres. Les démangeaisons (prurit) sont intenses, surtout la nuit.
Comment se transmet la varicelle ? (et comment l’éviter)

Pour protéger votre enfant, il faut comprendre la transmission. Le virus se propage de deux façons.
Par voie aérienne (la plus fréquente)
Les gouttelettes de salive projetées par la toux, les éternuements ou même la parole contiennent le virus. Une simple conversation à moins d’un mètre peut contaminer. C’est pourquoi la varicelle circule surtout en hiver et au printemps, dans les crèches et les écoles.
Par contact direct
Le liquide des vésicules est lui aussi très contagieux. Tant que les boutons ne sont pas tous en croûtes (environ 5 à 7 jours après le début), l’enfant est contagieux.
Les gestes barrières pendant la maladie
Si votre enfant a la varicelle, pour protéger les autres (bébés non vaccinés, femmes enceintes, personnes immunodéprimées) : isolez-le à la maison, aérez sa chambre, lavez-vous les mains après chaque soin, évitez les contacts avec les personnes fragiles. La contagiosité cesse quand toutes les vésicules sont en croûtes (plus de liquide clair). Cliquez ici pour obtenir des informations supplémentaires.
La vaccination : le meilleur moyen de protéger son enfant
Contrairement à une idée reçue, la varicelle n’est pas une maladie « obligatoire » qu’il faudrait attraper absolument. La vaccination existe et est très efficace.
Qui peut se faire vacciner ?
Le vaccin contre la varicelle (monovalent ou combiné avec celui de la rougeole-oreillons-rubéole, le RORV) est recommandé en France pour :
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Les adolescents de 11 à 14 ans qui n’ont jamais eu la varicelle (rattrapage).
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Les femmes en âge de procréer non immunisées (pour éviter la varicelle pendant la grossesse, très dangereuse pour le fœtus).
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Les proches de personnes immunodéprimées (cancer, greffe).
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Depuis 2024, la Haute Autorité de Santé recommande d’étendre la vaccination systématique à tous les enfants de 12 à 18 mois, comme cela se fait déjà aux États-Unis, au Canada ou en Allemagne. Renseignez-vous auprès de votre pédiatre.
Efficacité et effets secondaires
Deux doses sont nécessaires (espacées de 6 à 12 semaines). Le vaccin protège à 95 % contre les formes modérées à sévères. Les effets secondaires sont mineurs (douleur au point d’injection, parfois quelques boutons bénins). Le vaccin ne donne jamais de zona secondaire.
Les traitements pour soulager un enfant qui a la varicelle
Si votre enfant a déjà la varicelle, voici comment le soulager et éviter les complications.
Calmer les démangeaisons
Le grattage est le principal ennemi. Il peut entraîner une surinfection bactérienne (impétigo), avec des staphylocoques ou streptocoques. Pour calmer les démangeaisons :
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Bains tièdes (pas chauds) avec une poignée de bicarbonate de soude ou un produit antigrumeaux (type Pouxit varicelle, sans parfum).
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Antihistaminiques par voie orale (cétirizine, prométhazine) sur prescription médicale, surtout le soir pour dormir.
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Lotions apaisantes : une solution aqueuse (pas d’alcool ni de produit gras) à base de calaminederm ou de zinc.
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Coupez les ongles courts et nettoyez-les plusieurs fois par jour. Mettez des mitaines ou des gants en coton la nuit.
Lutter contre la fièvre
Utilisez du paracétamol (Doliprane, Efferalgan) à la dose adaptée au poids de l’enfant. Attention : jamais d’aspirine chez un enfant de moins de 16 ans ayant une varicelle ou un syndrome grippal (risque de syndrome de Reye, une atteinte hépatique et cérébrale gravissime).
Hydrater et alimenter
La fièvre et les boutons dans la bouche (parfois présents) peuvent déshydrater l’enfant. Proposez-lui régulièrement à boire (eau, tisane fraîche, soupe). Les aliments froids (yaourts, compotes, glaces) sont mieux tolérés si la bouche est douloureuse.
Quand faut-il consulter un médecin en urgence ?
La varicelle est bénigne dans 95 % des cas. Mais surveillez ces signes d’alerte qui imposent une consultation rapide (voire les urgences) :
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Fièvre élevée (plus de 39,5°C) qui ne baisse pas avec le paracétamol.
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Douleur intense ou rougeur autour d’un bouton (signe de surinfection).
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Difficulté à respirer ou toux persistante (possible pneumonie varicelleuse, rare mais grave).
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Maux de tête violents, raideur de la nuque, confusion (signes d’encéphalite ou de méningite).
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Vomissements répétés avec impossibilité de boire (déshydratation).
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Bébé de moins de 3 mois : toute varicelle chez le nourrisson de moins de 3 mois doit être vue par un médecin, car le système immunitaire est immature.
Les cas particuliers : femme enceinte et nouveau-né
La varicelle est particulièrement dangereuse chez la femme enceinte non immunisée. Contaminée au premier trimestre, elle expose le fœtus à un risque de malformations (syndrome varicelleux congénital). Contaminée près du terme (5 jours avant à 2 jours après l’accouchement), le nouveau-né risque une varicelle néonatale grave (mortalité de 30 % sans traitement). Si vous êtes enceinte et non immunisée (pas de varicelle dans l’enfance), évitez tout contact avec un enfant contagieux. En cas d’exposition, un traitement préventif par immunoglobulines spécifiques existe.
